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Marbrerie, fleurs et articles funéraires à Niort

Niort 1936

Tout le monde s’accorde pour dire que l’année a mal commencé. Le 4 janvier, la Sèvre a débordé, inondant quais, rues, caves et rez-de-chaussée. L’eau a atteint 14 mètres aux Vieux Ponts. Les dégâts sont énormes. 

Mais, malgré cette crue qui a laissé les niortais anxieux, fatigués, malgré la conjoncture économique qui n’est pas des plus favorables, Camille Bonneaud est déterminé. Le moment est venu. Il approche de la trentaine. Il est marié et va bientôt être papa. Cette année, il créera son entreprise. Et il lui donnera son nom. D’ici quelques dizaines d’années, l’enfant qui commence à remuer dans le ventre de son épouse lui succédera peut-être... 

Dans l’Histoire, 1936, c’est l’année du Front Populaire et des congés payés. C’est aussi l’année de l’ouverture des Jeux Olympiques de Berlin ; le monde s’apprête à basculer dans l’inimaginable.

Niort 1950

Mais, à une échelle beaucoup plus modeste, c’est l’année de naissance du plus beau bébé du monde chez les Bonneaud ! Et ce bébé-là, c’est ma mère. 

Oui, celle qui vous parle, c’est Corinne Durgand, la petite-fille de Camille Bonneaud le tailleur de marbre. Sachez que l’entreprise du 18 de la rue de Bellune, mon grand-père l’a montée tout seul. Au début, il travaillait uniquement à la main. Puis la mécanisation est apparue, le travail s’est accru, et il a embauché. Quand l’âge de la retraite a sonné, il a remis l’entreprise à ses enfants. L’évolution des techniques s’est poursuivie et l’entreprise a continué à se moderniser. Dans mes souvenirs d’enfance, les visites à l’atelier occupent une place privilégiée. Je revois les grosses tables vibrantes qui servaient à fabriquer le « granito », cet aggloméré de cassures de marbre et de ciment que l’on utilisait à l’époque.

En 1987, ma mère et mon oncle ouvrent un magasin d’articles funéraires, «  Les myosotis », rue de la Terraudière, une rue parallèle à la rue de Bellune, tout près du cimetière. C’est à moi que l’on confie la gérance du magasin. J’ai un peu plus de vingt ans et je suis fière de faire mon entrée dans l’entreprise familiale. Mon grand-père est toujours présent, épaulant ses enfants et ses petits-enfants ; mon cousin travaille lui aussi dans l’entreprise. 

Mon grand-père décède en l’an 2000. C’est seulement les dernières années qu’il a cessé de se rendre régulièrement à l’atelier de la rue de Bellune.

Aujourd’hui, je dirige la SARL Camille Bonneaud. Le travail actuel du marbrier consiste à assembler et mettre en place un matériau qui arrive en atelier sous forme de produit fini. Mais nous continuons de travailler le granit, de le découper, de le graver.

Mon grand-père a créé il y a quatre-vingt-six ans une entreprise qui a maintenu son indépendance génération après génération. Certes, cette indépendance est aujourd’hui difficile à préserver face à la concentration des grands groupes qui rachètent les petits marbriers. Peut-être qu’un jour, nous devrons intégrer nous aussi un « gros ». Mais ce n’est pas pour tout de suite.

Camille Bonneaud